Souvenez
vous de la XT de Paulo les gaz (Joe
BAR Team) ; un outil diabolique
pour la ville. Yamaha profite de
la nouvelle version de la XT, la
660 R, pour décliner
une variante supermotard.
De quoi s'amuser en ville et pourquoi
pas s'initier aux courses qui ont
fait la réputation de Thierry
Van den Bosch. Pour passer de R en X, la XT adopte des roues de
17" équipées
de pneus routes. Le disque de frein
avant monte à 320 mm de diamètre
et s'offre un étrier Brembo
à 4 pistons. Du sérieux
et de la puissance. Dans l'esprit
d'une utilisation plus musclée
de la XT, les ressorts de fourche
ont été durcis sans
modifier les débattements.
Yamaha devrait faire une très
bonne opération car le constructeur
propose un supermotard abordable
dans un marché à tendance
souvent élitiste.
L'avenir sera t-il le fief des Supermot'
? Personne ne peut être catégorique
mais saluons l'initiative de Yamaha
de faire descendre le concept dans
la rue. Yamaha y introduit le Supermotard
pour tous. Pourquoi si bien alors
que moins cher ? Chez la concurrence,
on trouve plus de watts, un amortissement
de plus haute volée, un freinage
de compet'... mais ne vous leurrez
pas : c'est pur sport et vite épuisant.
Le XT X est moins extrême
et presque aussi plaisant. Sans
compter qu'on peut compter sur le
réseau Yam. Les fans de Vertemati n'ont pas autant de concessionnaires à dispo.
Essai - Par Olivier Quinten - photos constructeur :
Je ne suis pas celle
que vous croyez
«
10 jours en tête à tête,
elle me branche sur photo, mais va-t-elle
encore me plaire quand je serais dessus
? »
Voilà
une réflexion qu’un internaute
pourrait se faire la veille de la rencontre
avec sa belle inconnue, mais non, vous
lisez Moto xxxxx et la belle en question
est la Yamaha XT 660 X.
Voilà déjà 2 ans
qu’elle est au catalogue, et j’avoue
qu’après un premier contact
visuel au dernier salon de Bruxelles,
j’ai toujours eu envie de l’enfourcher
et de tailler un peu de route avec elle.
Sur pneu, dans sa livrée noire
et grise elle m’attire encore
plus (une autre version bleue et grise,
qui me plait moins, est également
au catalogue). Belle, haute, large d’épaule
et de fesses, valorisante grâce
à son disque avant de 320 mm
pincé par un étrier quatre
pistons, sportive avec ses jantes noires
Excell et ses deux pots relevés,
elle en impose.
L’envie d’aller limer les
semelles de mes bottes autour de ronds
points et autres carrefours me démange.
Je ressors donc mon casque de cross
et m’installe à son guidon.
Le tableau de bord que j’ai sous
les yeux est complet (mis à part
l’absence le compte tour) : compteurs,
2 totaliseurs journaliers, montre et
la batterie de témoins habituels
: phares, clignotants, point mort, réserve
et de Jéhovah (non, là
je déconne !)
Contact, le petit sifflement me rappelle
que le 660 (4 soupapes et double ACT)
est maintenant équipé
de l’injection, ce qui, malheureusement
gomme un peu le légendaire coup
de pied au cul du gros mono (comme la
fameuse XT 500 !).
Moteur ! Le pom pom du moteur, refroidi
par eau, reste très, voire peut-être
trop discret ; une bonne paire d’adaptables
permettrait de retrouver un son digne
de la moto et d’alléger
l’arrière.
En selle, malgré l’adoption
des gentes à rayon de 17 pouces,
la hauteur d’assise culmine à
875 mm (si vous faites moins d’un
mètre 70, n’oubliez pas
vos semelles compensées). Après
avoir cherché les repose-pieds
placés idéalement bas,
je passe la première et décolle
sur un gros filet de gaz pour éviter
de caller (ah, cette satanée
injection !).
Les 5 rapports passent avec facilité
et le moteur se révèle
coupleux à moyens régimes
mais s’essouffle assez vite. Ce
qui permet, sur le gras, d’enchaîner
facilement de petites glisses de l’arrière,
vu que la moto se repositionne naturellement
quand le moteur atteint le régime
max (6.000 tr/min). Par contre sur le
sec, ne vous attendez pas à ce
genre de figure de style, le moteur
ne développe que 48 ch/din pour
173 kg à vide, ce qui est un
gage de sécurité mais
qui, dès le deuxième rapport,
rend difficile le moindre whelling et
autres travers en sortie de virage.
Les pneus Pirelli Dragon de large dimension
(120/70 sur 17 à l’avant
et 160/60 sur 17 à l’arrière)
ne sont pas là que pour impressionner
les foules, ils ont aussi une accroche
incroyable qui permet de prendre des
angles impressionnants. Mais ils demandent
à être à bonne température
et avoir une usure uniforme (surtout
à l’avant) parce que dès
que le pneu s’use en carré,
la moto devient instable à toute
vitesse (pour la XT, c’est plus
de 140 km/h !). Rapidement donc, la
cadence s’accélère.
En ville, le rayon de braquage et le
couple du moteur permettent de se faufiler
entre les voitures. Les débattements
de suspension (200 mm devant et 190
mm derrière) avalent les trous
et bosses de nos chaussées avec
souplesse ; et sur petites routes, dès
le moment où l’on suit
le mode d’emploi, c’est-à-dire
ne pas hésiter à tordre
la poignée de gaz, on se prend
vite pour Fiorentino : à nous
les freinages d’outre tombe, bien
aidés par la suspension de bonne
facture (mais malheureusement non réglable)
et par le rigidificateur de fourche.
Revers de la médaille, la consommation
s’établit aux alentours
des 6 l, ce qui donne une autonomie
de 180 km (réservoir de 15 l
dont 3,5 l de réserve) avant
que la lampe de réserve ne s’allume.
Petit détail pratique : dès
ce moment, un des deux totaliseurs se
met à zéro, ce qui permet
de voir après combien de bornes
on tombe en panne sèche !
Alors,
que penser de cette XT après
10 jours ?
Malgré les 60% de 660 qui sortent
en X (la routière, pas en film
de c...),
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par rapport à la R (l’enduro), le positionnement
de la moto dans la gomme est assez flou. Ce n’est pas un super motard,
elle est très différente
des KTM et autres VERTEMATTI . Beaucoup
moins exclusive, elle permettra même
de longues ballades en duo, la selle
étant moelleuse et les repose-pieds
idéalement placés. J’apporterais
juste un bémol pour l’usure
de la peinture faite par les bottes
de la passagère sur les protège
pots.
Le buste droit, les coudes écartés,
le regard se pose loin, voilà
une position idéale pour la ville.
N’aurait-elle
aucun défaut ?
On pourrait regretter l’absence
de compte tours, le manque de protège
main et on pourrait également
émettre quelques inquiétudes
au niveau des tubulures de pots d’échappement
qui passent sous la moto et ce malgré
la garde au sol de 205 mm.
Et la puissance me direz-vous ? Oui
et non. Je reconnais qu’un certain
manque se fait parfois sentir lors de
dépassements et de ballades en
duo. Mais lorsque on s’en tient
à l’idée première
de cette moto, c'est-à-dire la
ballade musclée, la puissance
est largement suffisante pour s’amuser
et si vraiment vous la trouver trop
courte (la puissance !), un préparateur
hollandais lui greffe, semble-t-il,
un moteur de Raptor de 80 ch …
Cet essai fut particulièrement
riche en émotion : l’excitation
d’abord, une petite déception
pendant les 10 premiers kilomètres
et puis, après quelques jours,
la découverte d’une moto
doublement attachante : vendue environ
1.500 € moins chère que
la plupart des autres super motard et
qui transformera vos trajets journaliers
en superbiker quotidien…
M.B et Olivier Quinten
(photos
constructeur) |