La
nouvelle sportivo-GT de Yamaha est
une moto d'un nouveau genre. Pas
dans son concept général
mais dans sa conception. Une concurrente
de plus pour la CBR 1000 et la ZZR
1100, diront certains. Peut-etre.
Mais la GTS est avant tout la première
machine de grande diffusion dépourvue
de fourche télescopique.
QUOI ! Il n'y a pas de fourche
sur cette moto. Aussi incroyable
que cela puisse paraître, la GTS
n'est pas équipée
de l'universelle élément
de direction et de suspension avant
nommée fourche. Dans l'absolu,
ce n'est pas la première
moto à s'en passer. D'autres
avant elle s'y sont essayées,
notamment la Bimota Tesi, mais la
Yamaha est la première à
utiliser un autre système
en série. Alors, c'est quoi?
Il s'agit de l'association d'un
monobras oscillant à l'avant
et d'un bras de direction supportant
la roue avant. Le système
étant digne d'une usine gaz
type guerre des étoiles,
on se contentera de dire que ce
genre de train avant permet de réduire
fortement les variations de chasse
et d'empattement tout en ayant un
effet anti-plongée naturel.
S'il permet d'éviter les
défauts congénitaux
de la fourche classique (manque
de rigidité, bras de levier
important nécessitant de
grosses partie-cycle, variations
constantes de la géométrie
de la machine, etc...) et de se
passer d'un imposant cadre hyper
renforcé, ce système
n'est pas généreux
en rayon de braquage. Celui de la
GTS n'est pas meilleur que celui
de la FZR. Le cadre aussi n'a rien
de commun. Baptisé Omega
et constitué de pièces de fonderie en aluminium,
il s'enlace autour du bloc moteur
avec cette forme très particulière
: (à peu de choses près...). Une structure unique recentrant les masses, abaissant le centre de gravité et d'un encombrement réduit par rapport au double poutre.
Et quel moteur ont-ils choisis pour animer cette surprenante machine ? Une mécanique connue et reconnue : le 4 cylindres Genesis de la 1000 FZR. Même cylindrée mais un remaniement pour lui donner un visage plus sport-GT. L'alimentation se fait grâce à 4 injecteurs et la cartographie d'ouverture des soupapes diffère de celle de la sportive. Pas d'EXUP mais un couple tout de même tout de même favorisé car supérieur d'environ 1 mkg à celui de la sportive. La GTS se présente également comme une moto "propre" - elle est équipée d'un pot catalytique à sonde lambda. Une première sur une japonaise.
L'ensemble de la structure, de par sa conception, est propice à une amélioration de la stabilité et une redoutable efficacité du système de freinage. Yamaha n'a d'ailleurs équipé la roue avant que d'un seul disque, mais ventilé, de gros diamètre et pincé par un étrier à 6 pistons opposés. L'ABS pourra venir en renfort si besoin est (en option).
Un carénage étudié en soufflerie, 2 bulles de hauteur différente proposées, une selle généreuse, une boite à gants incrustée dans le réservoir, d'importantes valises latérales de prévues en 2 tailles (au design de téléviseur...), la GTS est clairement dédiée à la route. Toutefois, sa technologie novatrice (et déroutante) et son positionnement haut de gamme sont des atouts à double tranchant. La technique peut attirer les curieux comme rebuter les traditionalistes, et son prix limite sa clientèle. Le public connaisseur verra tout de suite la véritable identité de la GTS : la moto la plus innovante de la décennie.
M.B - photos constructeur |