Les
amateurs de roadsters citent volontiers
la Speed
Triple au moment de sélectionner
une machine de caractère.
C'est indéniable : la machine
a vraiment de la gueule, et tous
les éléments de la Daytona pour offrir un sacré plaisir
de conduite. Emoustillé par
ce succès, Triumph reprend
la même recette pour créer
un nouveau roadster bouillonnant
: la Speed Four.
A la base, une TT
600 qui perd son carénage
et gagne une nouvelle gestion électronique.
Avec sa mécanique mise à
nue, ses coloris flash, ses entrées
d'air forcé et son double
optique si singulier, la petite
brute fait tout pour se faire remarquer.
C'est essentiel dans ce segment
âprement disputé. Pour
tailler des croupières aux Suzuki
SV 650, Yamaha
Fazer et autres Honda
600 Hornet, mieux vaut fourbir
ses armes.
L'esthétique aguiche, le
moteur séduit. Re-travaillé
pour offrir plus de gniak à
mi-régimes, le bloc de la TT est largement
plus agréable dans ce nouvel
écrin. Démonstratif,
doté d'une allonge de supersportive
et bien plus rempli que celui de
la pistarde, le 4 cylindres anglais
permet d'emmener sérieusement
la machine. L'éxacerbant
creux moteur à bas-régimes
de la 600 TT est enfin passé à
la trappe. Faisant défaut
sur la première génération
de supersport
anglaise, ce moulin est devenu
utilisable sur une large plage de
régime : de 6500 trs à
la zone rouge.
Pour servir ce potentiel, la partie-cycle
offre ce qu'il faut. Avec un châssis
identique à la TT et un poids plume de 170 kgs, la
moto fait preuve d'efficacité
comme de sécurité.
Très stable, le comportement
routier de la Speed Four ne soufre
d'aucune critique. Le freinage ne
manque pas de puissance mais d'un
soupçon de progressivité.
Quand au pilote, il devra composer
avec une position sport induite
par la hauteur des repose-pieds
et l'emplacement des demi-guidons.
Rien de rédhibitoire d'autant
qu'un guidon plat est disponible
en option. L'équipement est
digne d'une sportive mais la finition
doit faire des progrès.
La petite teigne de Hinckley n'est
certes pas donnée, elle débarque
sur un marché largement dominé
par des roadsters plus abordables,
mais son design méchant et
ses perfs bouillantes ont de quoi
faire tourner la tête.
M.B
(inspiré par Moto-journal - photos
constructeur) |