La
superbe MV-Agusta
F4 s'équipe d'un nouveau
4 cylindres. L'ancien manquait un
peu de coffre à bas régimes,
le nouveau s'annonce méchant.
Il utilise la même technologie
avec entre autres les soupapes radiales,
est testé depuis 2 ans, et
se trouve suffisamment compact pour
loger dans la même partie-cycle
que la F4.
Le bloc sort 166 ch et plus 11 mkg
de couple. De quoi faire de cette
moto un missile avec une plastique
de mannequin. A part le bouilleur
qui comprend près de 70%
de nouvelles pièces, les
différences avec la 750 sont minimes : de nouveaux coloris,
une fourche plus grosse, une légère
augmentation de l'empattement, de
nouveaux demi-guidons, un amortissement
plus efficace, une bulle plus haute,
et un prix qui va vous tordre le
coup. C'est relatif, car la 1000
ne coûte que 2 000 €
que la 750.
On retrouve le même cadre
treillis, les mêmes freins,
les mêmes jantes, et le même
coup de crayon qui a fait entrer
la F4 au
Panthéon des machines à
2 roues. Peut être aurait
on aimé que la 1000 est plus
d'identité propre mais qu'importe,
les machines de MV-Agusta sont éternelles
!
On
pourrait l'admirer pendant des heures,
on ne s'en lasserait pas. Mais l'envie
de partager ses effluves ne sera
que grandissante. Monté en
selle, on ne sera pas surpris du
confort spartiate. Un pur-sang italien
n'a rien de la tendresse d'une japonaise.
Fortement basculé sur l'avant,
le pilote devra guider la bête
avec conviction. La MV a le sang
chaud et demande que son amant soit
à la hauteur. Un adepte de
Ducati 916/996 ne serait pas dépaysé.
Verrouillé sur la moto et
malmené par l'amortissement
franchement raide, on profite d'une
machine d'une redoutable précision.
Même si sa raison d'être
est fortement orientée piste,
la F4 se manie avec allégresse
sur les petites routes. Une fois
qu'on a pris ses marques, on peut
ouvrir en grand. Passé une
légère rugosité
en bas du compte-tours, la mécanique
donne du gros muscle dans les mi-régimes.
La faiblesse du 750 a disparu mais pas les légères
vibrations. Rappelons que MV-Agusta
est un petit constructeur, qui n'a
pas les moyens de concevoir des
mécaniques aussi parfaites
(et policées) que les japonais.
Le niveau atteint est toutefois
remarquable, et même plus.
Le fonctionnement de la boite est
désormais quasi parfait.
Plus disponible, le moteur fait
également preuve d'une puissance
impressionnante mais avec une certaine
progressivité. On ne retrouve
pas la sensation d'avoir une caisse
de grenades sous le cul comme avec
la Kawa
ZX-10R mais tout de même
un moulin bien couillu. Sur le papier, le bloc de la MV n'est pas le plus puissant des dernières 1000 sportives. Mais une fois passé sur le banc de puissance, il s'avère que c'est lui qui crache le plus de watts à la roue arrière. Du fait
d'une certaine inertie des papillons
d'admission, les gaz sont un peu délicat à doser. Mais y pense t'on
en s'ennivrant de la magnifique
mélodie offerte par les réputés
tuyaux d'orgue de l'échappement
?
Tout cela est-il bien raisonnable
? Certainement pas, mais on arrête
pas un rêve qui roule !
M.B
(texte de l'essai inspiré de l'article de J-F. Robert - Moto-journal n° 1 616
photos constructeur) |