Si
l'évolution de la CBR
600 en 91 marquait une nette
rupture de style avec la génération
précédente, la
livrée 95 est visuellement
plus sage dans son évolution.
Ce ne sera pas si facile que ça
de les différencier, Honda
ayant l'habitude de progresser avec
subtilité pour ses modèles
"best-seller".
Même
pour les non-connaisseurs, quand
on la regarde de face, on devine
tout de suite que quelque chose
a changé. Elle semble plus
fine, plus perçante, moins
joufflue. On se demande surtout
à quoi peuvent bien servir
ces petites bouches taillées
dans le nouveau tête de fourche.
Réponse : c'est le nouveau
système d'admission d'air
DAI. Vous aimez la technique ? On
y viendra tout à l'heure.
Cette
fois, n'est pas coutume, entrons
directement dans le vif du sujet.
Les modifs opérés
sur la CBR sont nombreuses bien
que discrètes visuellement
- il y aurait pourtant de quoi écrire
un gros chapitre. Si sa silhouette
marie toujours aussi bien la sportivité
et l'élégance, les
nouveaux (et gros) disques de frein
vous font comprendre que la Honda
s'est décidé à
hausser le ton.
A la prise en main, rien n’a
changé. La CBR vous offre
toujours cette position sport, fatigante
en ville pour les poignets mais
particulièrement adapté
au pilotage. On ne retiendra que
cette critique pour les évolutions
urbaines, car dans l'ensemble, cette
sportive est toujours aussi étonnante
de facilité et de légèreté
dans sa conduite. Ne vous attendez
pas à une amélioration
de la protection : cela reste très
moyen et c'est dommage ; la CBR
se prête volontiers au jeu
du voyage.
A l'usage, même si ce n'est
pas flagrant, la moto fait tout
un peu mieux que l'ancienne.
Rien d'extraordinaire mais... Des
suspensions un peu plus efficaces
qui négocient mieux les imperfections
de la route, un cadre plus rigide,
une direction un chouïa plus
précise, un moteur plus rempli
; tout ça mis bout à
bout, cela vous fait une CBR 600
plus efficace dont le comportement
routier bénéficie
à fond des optimisations
prévues pour un engagement
plus musclé de la moto.
Le moulin n'a pas évolué
sur ses chiffres de puissance...
Ca, c'est sur le papier. En dynamique,
le DAI apporte une vigueur nouvelle
aux 100 ch de la supersport Honda.
Le bouilleur a encore gagné
en punch, semble plus puissant,
plus disponible, plus efficace,
et il l'est réellement. Rendez-vous
compte que la CBR peut désormais
chatouiller la barre des 250 km/h
réels. Le compteur franchement
optimiste flattera le proprio grisé
par la vitesse et l'aiguille qui
embrasse les 280. Elle marche bien
ta 600 ?
Et elle freine aussi bien. Ses disques
de 296 mm lui procure un meilleur
feeling, plus de constance et une
puissance de premier plan. Sur circuit,
la CBR 600 est impressionnante,
bien qu'une certaine et nouvelle
Kawasaki ZX-6R se permette de lui
chiper le statut de référence.
Mais le plus impressionnant, c'est
que la Honda est d'une forte efficacité
sur circuit tout autant que sur
la route. Un tel niveau de polyvalence,
d'utilisation quotidienne et sportive,
et d'homogénéité
reste indissociable du sigle CBR.
Revenons
sur un peu de technique. Car c'est
surtout là que la CBR 600
a progressé - ou plutôt,
se prête à l'optimisation
poussée.
Le plus intéressant est le
nouveau DAI (Direct Air Intake).
Honda utilise à son tour
un système d'admission d'air
forcé, qui met la boite à
air en surpression au fur et à
mesure que celle-ci gagne de la
vitesse. En clair, plus on va vite,
plus il y a d'air dans la boite,
plus on gave le moteur, et plus
y a de la gniak. La prise d’air
principale et les deux petites ouïes
sur le nez de carénage captent
l'air frais jusqu'à la vitesse
de 20 km/h. Un système interne
s'occupe de ré-équilibrer
les pressions.
Au-delà de
cette vitesse, ces conduits sont
coupés par un volet électromagnétique
et seul fonctionne la grosse prise
d'air cachée entre les tubes
de fourche (niveau en dessous du
té de fourche inférieur).
Plus d'air pour le moteur, cela
veut dire qu'il lui faudra plus
de carburant. Les Keihin à
dépression et boisseaux plats
passent de 34 à 36 mm de
diamètre et alimentent des
conduits légèrement
plus courts. On notera aussi une
foule de petites modifications comme
les liaisons entre les tubulures
d'échappement, le radiateur
de forme incurvée, les bielles
plus légères, la réduction
des frottements, le rapport volumétrique
augmenté, une sélection
des vitesses revue... Et pour la
partie-cycle, hormis les suspensions
que nous avons déjà
vu auparavant, il faut signaler
que la jante arrière s'élargit
à 5 pouces, le système
d'amortissement Pro-link est re-paramétré,
l'axe de bras oscillant grossit,
les disques de frein sont plus gros,
les tés de fourche plus costaud...
Et pourquoi faire tout ça
? Pour tout dessouder en championnat
600 !
M.B
(inspiré par l'article de E. Maurice - Moto-journal n°1 154
photos
Internet) |