Car
les propriétaires de Pan-euro
sont plus des capitaines que des
pilotes. les statistiques démontrent
que ce sont des motards dont la
moyenne d'âge et les exigences
les invite à quitter les
planches de bois des hypersports
pour se lover sur des machines dont
le degré de finition doit
être aussi élevé
que le confort. Le prix est une
claque, son agrément de conduite
une délectation. La ST est
prévu pour rouler bien, longtemps,
dans la sérénité
mais sans paraître comme une moto
de retraité. La ST est positionnée
à mi-chemin entre la VFR et la Goldwing,
et elle ambitionne ni plus ni moins
d'offrir les avantages des deux
machines. S'en est-elle donnée
les moyens ? La 1300 Pan a accru
sa maniabilité grâce
à une diminution de l'empattement
mais cela pose un petit problème
: à haute vitesse, le vaisseau
manque de stabilité, l'avant
se cherchant quelque peu ; rien
de dangereux mais pas très
agréable - un défaut
que ne connaissait pas la 1100.
Certes, la clientèle de la
ST n'est pas adepte de la pousser
dans ses derniers km/h, mais il
en ressort un léger sentiment
de frustration, un petit goût d'inachevé.
Mais la 1300 se redore le blason
dans les petites routes où
elle démontre une agilité
bien supérieure à
sa devancière,
égalant presque le comportement
rigoureux d'une FJR.
Plusieurs raisons à cela
: le châssis est désormais
constitué d'un cadre en aluminium
dont le dessin est proche de celui
d'une sportive et bien plus léger
; le moteur (toujours un V4) est
avancé et participe à
la rigidité. La position
de conduite a elle aussi évolué.
Le pilote est plus proche de la
colonne de direction, les guidons
sont plus larges et plus près.
Comme sur les BMW, la hauteur de
selle est réglable. Un plus
bien agréable. Bien protégé
par la bulle que l'on peut réglée
avec précision et confort
(version luxe), on savoure le grand
tourisme mais on ne peut s'empecher
de vouloir s'amuser un peu lorsque
la route se fait joueuse. Rassuré
par le freinage toujours aussi efficace
de la Pan, puissant et dosable (avec
CBS d'origine et ABS sur luxe),
on s'empresse de découvrir
le moteur, qui a radicalement changé.
Toujours aussi souple (il reprend
à 1500 trs sur le dernier
rapport), il semble avoir des vitamines
pleins les pistons. Il laisse sur
place l'ancien
1100 et fait preuve d'une vigueur
aussi utile qu'enjoleuse. Il entraîne
la moto via un cardan qui, comme
le reste de la transmission, n'appelle
aucun reproche.
Le design reste
une affaire de goût mais concernant
la ST, les ingénieurs Honda
l'ont dessinée avec un objectif
précis : être belle
(c'est le cas), et pendant très
longtemps, car la dame est prévu
pour être produite pendant
une décennie. C'est la vie
qu'a eu la 1100 et cela a permis au constructeur
d'accumuler une foule d'informations.
Les critiques (bonnes ou mauvaises)
ont guidé les concepteurs
qui ont semble t'il créé
un excellent modèle. Beaucoup
de détails ont été
améliorés voire repensés,
la liste d'options s'est allongée,
le comportement de la machine et
le moteur sont beaucoup plus efficaces
(sauf à haute vitesse). Tout
ceci avec un souci dans la finition
qui reste fidèle à
la réputation de sérieux
de Honda. D'ailleurs, sur le marché,
elle n'a qu'une véritable
concurrente : la BMW
R 1150 RT ; laquelle ne peut
rivaliser en puissance mais le match
ne se joue pas sur ce terrain.
M.B
(inspiré par l'article de C. Lacombe - Moto-journal n° 1 516
photos
constructeur) |