Par
ce bel après-midi de juin, où
nous cherchions désespérement
des cligno pour la nouvelle ZX-6R de
Nono, le hasard nous porte chez Kawasaki
pour finaliser nos recherches. Devant
la concession trône une ZZR 1200,
dans une robe noire qui lui confère
une classe respectueuse... mais excitante
à mes yeux ! Quelques instants
après, les clés sont dans
ma main gauche et les conseils du concessionnaire
dans mon oreille droite - " Fais
gaffe, elle est débridée".
Tilt - un peu plus de 150 bourrins,
on va se régaler ! Le 4 cylindres
s'ébroue joyeusement et flatte
les oreilles. A l'heure des moulins
modernes et policés, la mécanique
Kawa s'exprime avec plus de caractère,
un parfum plus nostagilque, comme si
on avait enlevé pas mal de silent-blocks.
La machine est imposante mais manoeuvrable.
Evoluant avec calme et respect pour
la mise en chauffe, je découvre
un engin souple, confortable, avec une
position de conduite qui préserve
le pilote et semble avoir été
conçu pour tailler des kilomètres.
La direction est neutre, sans effort
à vitesse normalisée,
et l'on se sent à l'aise en se
baladant sur les petites routes de la
savoie. Mais le piège menace
: une ligne droite bien dégagée,
l'envie de savoir ce que le moulin a
dans le ventre... Je ne tiens plus !
Lachez les Chevaaaaaaauuuuuuuxxxxxxx........
Formidable ! le 4 pattes pousse avec
une joie et une puissance des plus jouissives.
Une main énorme vous pousse dans
le dos sur n'importe quel rapport et
les vibrations, la mélodie, l'engouement
du moteur vous font palpiter le coeur
aussi vite que s'affolent les aiguilles.
La partie-cycle est très stable
jusqu'à 250 km/h ( on arrive
à cette vitesse sans s'en rendre
compte ) mais la fourche semble trop
légère au-delà.
Ca pousse avec allégresse et
même rage jusqu'à 270-280,
puis, les kmh suivants sont un peu plus
dur à aller chercher. Mais cette
kawa n'avait encore que peu de km et
le moteur n'était pas totalement
libéré. La bonne protection
du carénage vous évite
de jouer à la limande dans la
seconde moitié du compteur. Revers
de la médaille de ce gros moulbif,
les calories s'évacuent sur les
genoux, et je peux vous garantir que
ça chauffe ! Partons voir l'agilité
de la Kawa dans la montagne. Dans les
petites enfilades, le poids conséquent
se fait sentir et les enchainements
manquent de vivacité. Il est
clair qu'une sport-GT ne peut avoir
le comportement d'une R6,
et la kawa se défend quand même
bien grâce au coffre impressionnant
de son moteur. En enroulant plutôt
qu'en attaquant comme un demeuré,
on prend un plaisir immense à
sentir la poussée démoniaque
à chaque sortie de virage. Virage
qu'il faut attaquer avec respect car
la ZZR exige une certaine poigne et
du doigté. Le freinage est déconcertant
de facilité, de puissance et
de feeling. Un régal, même
si le poids vous invite à ne
pas attaquer à outrance comme
sur un circuit. Un régal, cette
1200 ZZR ! Un moteur plein de vie et
qui vous rappelle sa présence
(essayez, vous comprendrez pourquoi
! ) un comportement très sain,
une ligne majestueuse... Les quelques
défauts qu'on pourra lui trouver
le seront par ceux qui ont une philosophie
de rouler différente ; ceux pour
qui puissance et agilité ne font
qu'un. Messieurs, si vous restez chez
Kawa, ne vous trompez pas : prenez alors
la ZX-9R
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