La
CBR 1100 XX, c'est d'abord une ligne,
un design qui inspire la vitesse, la
puissance, l'agressivité d'un
engin prêt à filer plus
vite que le vent. Le gabarit aussi impose
le respect, n'affichant pas la légèreté
des dernières hypersport. C'est
aussi une qualité de fabrication
impressionnante qui se ressent de l'aperçu
visuel jusqu'au bout de la conduite.
Mais la bête m'appelle : nous
avons chacun envie de l'autre... allons
explorer nos sens ! Contact...Dddjjiiizzz...
Bbraaouvvvvvvvvvvvvvv... La mécanique
se lance avec politesse et se cale sur
un feulement des plus discrets - aucun
bruit parasite, rien ne vibre, la belle
sait se tenir. Les premiers mètres
se font avec prudence, sachant qu'on
a entre les mains 255 kgs (plus ma pomme)
mais très vite, l'agilité
et la légèreté
sont au rendez-vous. très maniable,
la CBR m'emporte doucement à
travers les files de voitures indigènes
dans la grâce d'une ballerine.
Maintenant, goûtons aux vertus
de la muse : vissons la poignée
avec plus d'entrain ! Effet immédiat
: la bête s'élance comme
si 2 réacteurs venaient d'enclencher
la post-combustion tandis que les voitures
semblent être garées sur
la route. La puissance est disponible
dès 3 000 trs et d'un coup, le
paysage passe en mode accéléré.
La sensation de vitesse est fortement
gommée par le jeu de suspensions
qui délivre un confort étonnant
- à tel point que l'on oublie
presque l'êtat pitoyable de nos
routes. Maniable à souhait, je
m'extirpe sans effort de la ville pour
goûter aux charmes d'une petite
route dans la colline. Le corps à
corps n'en sera que plus jouissif. Désormais
en confiance, je m'ennivre de toute
la puissance qu'elle peut m'offrir et
reste ébahi : la poussée
est fulgurante, dès les bas-régimes
pour devenir démoniaque au fur
et à mesure que l'aiguille grimpe,
et sur tous les rapports. Ceux-ci passent
avec souplesse, à la volée,
presque sans y penser. D'ailleurs, tout
est souple sur cette moto : l'embrayage
est progressif et onctueux ; les freins,
combiné au système dual-cbs,
sont un régal : ils offrent un
attaque très douce allié
à une puissance impressionnante,
tout en stabilisant la moto qui ne plonge
pas mais reste sur une assiette stable.
Seul la position de conduite paraît
ambiguëà la prise en main
mais l'on est à l'aise au bout
de 10 mètres. Basculé
sur l'avant mais avec modération
et peu d'appui sur les poignets, on
se rapproche de la VFR sans égaler
son excellent compromis... cela dit,
mis à part la selle un peu glissante,
on reste à l'aise quelque soit
les conditions d'utilisation. Avec une
conduite plus musclée, cette
diablesse impressionne par son coffre
et son souffle démentiel mais
ce qui bluffe le plus, c'est son agilité
: elle semble connectée sur le
cerveau et se place sans effort, avec
douceur. A haute vitesse, la bulle un
peu basse protège insuffisamment
le casque mais aucun remous ne vient
déranger le reste du corps. Les
ouïes de refroidissement ont la
décence, contrairement à
la ZZR
1200, de ne pas vous asperger les
jambes d'effluves brûlantes dégagées
par le moteur. Mais soudain, l'angoisse
me saisit : retour en ville ! Profitons
de notre étreinte durant ces
dernières minutes : j'enroule
sagement en rentrant en ville sur un
jeu de grandes courbes dégagées,
et cette facilité m'impressionne
toujours - surtout qu'en regardant le
compteur, je reste scotché en
lisant 110 km/h (Mea culpa) alors qu'il
me semblait me balader à 70.
Retour
à la maison. j'ai dû la
rendre à ses maîtres, nos
corps encore tremblant de cette communion
presque irréel. Je ne lui pas
dit adieu mais au revoir - en me retournant
une dernière fois sur son regard,
j'y ai découvert son sourire...elle
m'appelait encore !
18
000 km plus tard : toujours le même
sourire quand nous partons en balade.
Les descentes que je fais dans le sud
sont avalées sans accrocs. Les
arsouilles du Dimanche sont le talon
d'achille de la XX. En conduite énervée,
la conso monte à 10 L aux 100
km. En bagarre dans les cols avec un
900 CBR, un 1000 GSX-R et un TLR 1000,
l'engin souffre de son poids. Les relances
en sortie d'épingle ne permettent
de rester au contact des excités
qui sont devants. Le freinage souffre
aussi, laissant du champ dans la descente
de col. C'est clair, ce n'est pas l'engin
pour taquiner du GSX-R - mais pour tailler
la route, c'est royal.
Pignon de 16 dents et sortie sur circuit
d'ici novembre (si tout va bien). Compte-rendu
sur la mue de la belle juste après.
Pignon
de 16 dents installé : ça
va fort. Le moulin offre d'avantage
de gniak plus bas et sur la totalité
du compte-tours. On accroche plus facilement
le rupteur jusqu'en 4ème, on
progresse beaucoup sur l'accélération
: la barre des 300 est franchi avec
plus de facilité, la machine
parait plus légère, bref,
c'est indispensable.
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