Un rêve ?
Par Olivier Quinten - photos constructeur
La
journée commence plutôt
mal, Seb m’annonce qu’il
vient récupérer la BUELL
XB12S, que j’ai depuis 2 jours,
pour les photos du prochain mag. Sniff,
il fait super beau en plus …
Mais bon, il me promet une surprise
pour le soir. J’en suis donc tranquillement
à l’apéro avec des
amis lorsque j’entend un 4 cylindres
hurlant qui déboule dans le parking.
Je sors et je la vois … oui, c’est
elle. Au premier regard je la reconnais
: la machine de mes rêves, la
MV Agusta Brutale ; une 750 qui crache
plus de 130ch/din. Elle est là
! Et elle dort 2 fois à la maison
; il ne me reste plus qu’à
écourter l’apéro
(m’engueuler avec les invités
ou simuler un arrêt cardiaque
?). Non, soyons raisonnable : demain
première heure, c’est parti
!
Dimanche
8 heures :
Mon
dieu que j’ai mal dormi ! je suis
redescendu 3 fois pour la voir et qu’est
ce qu’elle est belle : étrier
6 pistons sur des disques de 310 mm,
fourche inversée de 50 mm, les
découpes du réservoir
et de la selle sont d’une agressivité
énorme, les doubles sorties de
pot à droite signées MW
Agusta dévoilent une superbe
jante en étoile tenue par un
monobras à écrou central.
Une œuvre d’art cette moto
! Et qui va aller se balader dessus
aujourd’hui ? Moi !!
Contact
!
Le
compte tours pointe au max (17 000tr/min
… ah, ces rêveurs d’italiens
!) le compteur digital annonce une vitesse
de 299km/h ; et le moteur ne tourne
pas encore !!
Démarreur … et c’est
parti ! Le bouilleur est d’une
vivacité incroyable et le compte
tours s’affole à la moindre
rotation de la poignée. 1ère
enclenchée. La moto semble petite
pour mon mètre 80. La selle et
les suspensions viennent en direct de
la F4, c’est du sportif !! Je
laisse la température moteur
monter tranquillement, le thermomètre
digital est inutile : quand les genoux
sont à point, c’est que
le moteur à atteint 100 degrés.
Je soude … Et là, d’abord
bof, il y a un solide trou entre 4.000
et 10.000 tours, mais après …
Heureusement qu’un petit shift
vous rappelle que le rupteur coupe à
13.000 tr/min parce qu’avec le
hurlement du moteur, les bras qui s’allongent
et le sourire jusqu’aux oreilles,
on a tôt fait d’oublier
de changer de rapport ! La boite 6 vitesses
est sèche mais agréable
et bien étagée.Le châssis
étant très rigide,la bête
demande à être balancée
d'une manière énergique,la
conduite étant sportive et pas
typée roadster... Le tempérament
moteur, qui disons le est «brutal
» amène une consommation
en rapport : comptez entre 9 et 12l
aux 100km ( !!!) et un nouveau Pirelli
190/50-17 tous les 4.000km …
La mécanique italienne est égale
à elle-même, lorsque vous
croisez pendant quelques km à
vive allure, soyez attentif au démarrage
suivant, vu que le moteur a tendance
à s’engorger ; et lorsque
vous avez 200 personnes sur une terrasse
ensoleillée qui vous regardent
et que vous calez, ça ne le fait
pas !!!
Alors
qu’en penser ?
Que
de sensations, que d’images dans
la tête après cet essai,
une phrase résume bien une MV
Agusta Brutale : « Le cœur
a ses raisons que la raison ne connaît
point »
A 16.000 € le bout (en Belgique
; un peu moins dans l'héxagone),
cette moto n’est certainement
pas un maître achat, moins confortable
que la plupart des autres roadsters,
aspect pratique et coût déraisonnable
des pièces d’usure, consommation
ahurissante, … Stop ! N’en
jetez plus !
Malgré tout cela, elle restera
une des plus fabuleuses motos que j’ai
eu à l’essai : une pièce
d’orfèvrerie, une gueule
intemporelle et un moteur démonstratif
à souhait.
Une mécanique italienne pour
10 fois moins chère qu’une
Ferrari, c’est une affaire, non
?
A Seb …
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