Mercredi
matin - 10 hrs - le soleil s'est approprié
les cieux depuis plusieurs heures et
fait à présent reluire
l'asphalte de promesses... Ces promesses,
c'est le Z 1000 qui en sera témoin
aujourd'hui. Découverte ; choc
visuel. Le nouveau roadster Kawasaki
ne ressemble à aucun autre :
trapu, déchiré d'angles
vifs, doté d'un tête de
fourche minimaliste et d'une personnalité
surprenante soulignée par ses
fameuses 4 flûtes d'échappement.
Le Z 1000 est sans concessions : on
aime ou on aime pas... mais l'oeil ne
peut rester insensible. Glissons nous
à présent dans l'intimité
de la belle (ou bête). Immédiatement,
le deuxieme choc : la machine parait
incroyablement compact. Le réservoir
très affiné au niveau
de l'entrejambe se fait totalement oublier
malgré ses formes tortueuses.
Déroutant quand on débarque
d'une sportive. Contact ! Le 4 pattes
ne fait pas dans l'esbroufe, castré
par ses échappements plus esthétiques
que mélodieux. Ca, c'est au ralenti,
ça va changer dans pas longtemps.
Les premiers tours de roues se font
avec une décontraction totale
: on se sent immédiatement à
l'aise et la machine est maniable à
souhait. Elle braque dans un mouchoir.
Un petit bout d'autoroute sera un calvaire
sans nom : la protection est inexistante,
on prend tout dans la tronche, et le
blouson n'est pas à la fête.
Vite, on dégage et on se précipite
à l'assaut de la montagne. Premiers
virolos et interrogations : ils sont
où les chevaux ? Non pas que
le bloc ré-alésé
de la ZX-9R
soit anémique, mais de la part
d'un 1000 cm3, on s'attend à
plus de coffre. Je tombe 2 rapports
que la boite passe avec précision
et le moulin se dévoile plus
généreusement. Poussant
avec plus de franchise vers 6000 trs,
il devient fougueux et puissant après
les 8000 trs, avec un bruit de tonnerre.
A ce régime, il gronde, pousse,
s'extasie, dévoilant sa hargne
: c'est bien une mécanique Kawa.
Le freinage porte la même signature
: puissant, il est particulièrement
mordant. Combiné à la
progressivité des suspensions,
on rentre assez vite dans les courbes,
puis la machine s'inscrit d'un geste,
presque toute seule, réagissant
avant même que le cerveau ait
donné l'ordre. Le moteur maintenu
dans les tours, on ressort de l'épingle
avec aisance, facilité, et ça
repart comme une balle. Une petit mot
sur les retros : discrets et efficaces
(depuis le poste de pilotage), ils se
font totalement oublier pendant la conduite
mais un simple coup d'oeil fait ressurgir
le reflet essentiel pour surveiller
ses arrières. L'instrumentation...
laisse tomber ! Vu son implantation,
tu ne la regardes jamais et puis surtout,
tu t'en moques. Quand tu fais l'amour
à une femme, tu t'en fous un
peu de ta montre...
|