C'est
avec une certaine apréhension que j'enfourchais la Ducati 900 SS cet après-midi
de septembre. En effet, la 900 SS, c'est une légende mais c'est aussi des on-dit
: commandes de direction dignes d'un poids lourd, moteur caractériel, puissance
limitée... Essayez-là et les mots perdent leurs sens. D'entrée, la belle vous
annonce le menu : cul en l'air, position du corps sport fortement en appui sur
les poignées, fermeté des suspensions (et de tout le reste d'ailleurs), la ducati
n'est pas une moto pour fillette et vous fait comprendre qu'elle n'est pas faite
pour la balade. Le moteur est chaud, la route de montagne se profile : GAZ !!!
Alors, le V-twin à injection refroidi par air se déchaine et vous propulse dans
une autre dimension : à partir de 3000 trs, il pousse avec une force et une rage
déconcertante. Il n'est même pas besoin de tirer jusqu'en zone rouge pour profiter
de la quintescence de ce moulin. Coupleux à souhait, il est effectivement caractériel,
mais c'est un caractère de pur-sang ! Annoncé pour 80 ch, il vous procure des
sensations qui font croire qu'ils en a une bonne quinzaine supplémentaire. Pour
placer le train avant, il faut y aller franchement ; ce n'est pas une japonaise
où vous appuyez sur le demi-guidon pour placer la machine. Tout le corps participe
au placement de la diva : ce n'est pas que du pilotage, c'est aussi une étreinte
avec elle. Mais une fois placée dans la trajectoire, la 900 SS est sur un rail
et d'une stabilité suprême. La rigidité est exemplaire et imperturbable. Le freinage
n'est pas en reste : les 2 freins à disque vous catapultent dans la bulle et vous
font souffrir les bras, surtout qu'ils sont mordants et endurants. Finalement,
cette machine est un pur concentré de plaisir sport, mais attention, elle aime
qu'on la domine. C'est comme ça qu'elle donnera le meilleur d'elle -même. Une
vraie italienne !
|