Aprés
un début mai résolument
éxécrable où la pluie
était notre seule vision du matin
au soir, le retour du soleil fut fété
par l'arsouille chère à
moi et au président nommé
"la montée du granier"
(fin de l'episode à la fin de l'article).
C'était aussi l'occasion d'enfourcher
la mythique VFR, qui a profondément
changé en 2002. J'approche, avec
respect, l'oeil critique mais admiratif...
Les designers de Honda ont sacrément
bossé. Lignes anguleuses, regard
agressif, souci du détail ; elle
est belle mais paraît sauvageonne
! Contact... et sensations ! Le moteur
a une voix qui sort du registre habituel
: un feulement de 4 pattes mélangés
à une mélodie de twin...
on sait que c'est un V4, mais la sonorité
est si particulière qu'elle est
presque impossible à décrire.
Un régal. C'est à la fois
doux et un peu sauvage. Le tableau de
bord est complet, très bien agencé,
les demi-guidons très relevés,
dans l'esprit presque GT de la VFR. Habitué
aux sportives, je trouve la selle un peu
trop large à l'entrejambe et l'assise
relativement haute (j'ai pas dit que c'etait
un trail... et je fais 1 m 73). Bref,
partons ! Moteur souple, ralenti stable
(vive l'injection), commandes idéalement
placées, position de conduite excellente,
on est tout de suite à l'aise et
au bout de quelques km, on a vraiment
la machine en main, comme si on la connaissait
depuis longtemps. Le moteur pousse gentiment
sous 7 000 trs, efficacement, mais sans
donner de veritables sensations. C'est
après que ça se métamorphose.
Passé 7 000 trs, la sonorité
du moteur change radicalement, ( il se
transforme de 2 à 4 soupapes par
cylindre ) et le feulement se transforme
en hargne rageuse qui trahit l'origine
hypersport du moulin ( dérivé
de la RC 45 ). Il part volontiers dans
les tours et la facilité pour placer
l'engin dans les courbes autorisent une
conduite sport, d'autant que les suspensions
sont superbes - assez rigides pour se
permettrent de beaux angles et une excellente
tenue de route, mais aussi souples pour
eviter d'esquinter le dos à chaque
aspérité de la route. La
boîte se fait oublier tellement
elle est agréable et l'on se rend
compte qu'on se regale à conduire
ce jouet. Très volontaire jusqu'à
220 km/h, le moulin se calme ensuite et
il faut aller chercher les km/h suivants...
que je ne ferais pas longtemps car un
90° se profile. Occasion d'attraper
les freins...qui se révèlent
efficaces, dosables et rassurants, avec
cependant une commande un peu trop spongieuse
à mon goût. Au fur et à
mesure des virolos, la partie-cycle se
montre impériale et la protection
efficace jusqu'à 200 km/h. Revers
de l'injection et des mécaniques
modernes, ça pousse mais la puisssance
est polissée - les chevaux sont
là, mais leur furie parait controlée.
Faut dire aussi que ce n'est pas une hypersport.
Attention, elle reste très efficace
et je peux vous dire que c'est un engin
très agréable. Honnétement,
je pense qu'après quelques années
passées à se casser le dos
sur des CBR ou GSX-R grisantes et démoniaques,
on en vient à cette merveille,
qui vous ménage la colonne vertébrale
et vous autorise du sport dès que
l'essorage vous démange. Amis du
sport.....
A propos de cette montée
du granier, le combat entre ma SVS et le TLR fut démoniaque. Les cale-pieds
frottaient dans tous les virages ( surtout les miens ) et c'est le coeur haletant
et ma bavette de passage de roue déglingué que nous sommes arrivés
au sommet. Je débranche 3 fils, j'arrache ce morceau de plastique immonde
et....oups ! Il m'echappe des mains et se retrouve emporté dans le camion-poubelle
; ça tombe bien, le pneu avait commencé à usiné le
plastique... |