Le
vendredi est toujours un jour exceptionnel
: pour certains, c'est le week-end,
pour d'autres, la promesse d'un mal
de tronche pour le lendemain ; pour
moi, c'est le jour où j'ai essayé
la 400 CBX (1). Oubliez toutes les idées
reçues sur les anciennes machines
: ce sont en fait de veritables usines
à sensations... et à vous
flanquer la trouille de votre vie. J'en
entends qui se vantent de piloter des
Fireblade et autre YZF à plus
de 300... ils n'auront jamais autant
peur qu'avec cet engin que nous avait
concocté Honda. Contact. La mécanique
s'ébroue dans un joli bruit de
4 cylindres, le starter est inefficace,
les vibrations pas trop envahissantes,
et une fois en température, le
ralenti est très stable. La position
de conduite est très confortable
avec des suspensions tellement souple
qu'on se croirait sur un vieux matelas
de 15 ans. Mais c'est là que
l'aventure commence - GGGAAAAZZZZZZZZZZZZZZZZZ.....!!!!!!!!
Mmmmeeeeuuuuhhhh... j'ai dit GAZ, bon
sang ! Mais la poussée est hallucinante
: légèrement inférieure
à celle d'un 103... Il faut attendre
les 9 000 trs pour sentir quelque chose
(et encore...) et passé 10 000
trs, le pot rafistolé émet
un bruit qui rappelle celui d'une R6
mais une CB
500 doit avoir 3 fois plus de gniak.
J'arrive à 100 km/h en un peu
moins de 30 sec. et c'est là
que j'ai commencé à avoir
peur : j'ai dû freiner - enfin,
j'ai essayé ; la poignée
est dur comme du bois, le feeling inexistant,
la reponse aussi longue qu'un courrier
administratif, et l'efficacité
: y en a pas... ça freine que
dale ! En appuyant comme un déglingué,
on arrive + ou - à ralentir,
mais il faut prevoir de la marge. Destination
l'autoroute. Je pousse tous les rapports
et j'atteinds les 160 km/h au bout de
5 km. La protection offerte par le tete
de fourche est excellente mais, tout
le reste de la machine est au combat,
ça tremble de partout, t'as l'impression
que le moulin va t'exploser à
la tronche et que la machine va se disloquer
d'un instant à l'autre. La tenue
de route : j'ai préféré
ne pas chercher les limites parce qu'avec
un pneu de 100 mm, à l'arrière,
c'est peut etre vif au changement d'angle,
mais ça accroche autant qu'une
ford fiesta. La boîte n'est pas
en reste avec un rapport qu'on loupe
1 fois sur 3. Etrangement, on n'est
pas rassuré quand, à l'arret,
on voit de l'huile suinter depuis le
joint spi du tube de fouche et du liquide
qui s'echappe par la jointure du pot.
Ajoutez à ça un chassis
qui se tord dans tous les virages et
vous comprendez que les motards d'il
y a 30 ans étaient plus que ça
: c'étaient des aventuriers !
1 - Le modèle
essayé était dans un etat
pas super génial
et ne reflete pas la véritable
personnalité
de la machine dans son etat d'origine. |