La
S2R est une heureuse surprise. Elle
reprend la ligne très réussie
et certains éléments
de la S4R pour séduire le motard charmé
par l'ultime
Monster mais rebuté par
son tarif cosmique. Il est vrai
que cette garce équipée
du twin 996 coûte pratiquement
le prix d'une GSX-R
1000. Mais il y a une histoire
derrière la naissance de
cette machine...
En fait, elle remplace la 800
Monster. Ce roadster était
le mal-aimé de la famille.
L'aura de ses soeurs (620 et 1000)
lui faisait de l'ombre et le public
la boudait. Pourtant, plus puissante
que la 620,
presque aussi efficace que la 900 et moins cher que la 1000,
héritant de la même
gueule d'enfer, elle représentait
le meilleur compromis. Personne
ne l'a vu mais la 800 était en réalité
une chrysalide qui attendait son
heure pour se réveiller.
En 2005 naîtra le papillon
qui sommeillait en elle.
Souhaitons la bienvenue à
la S2R. Elle reprend de la mid-monster le cadre, le moteur et la fourche.
Mais ses ailes éblouissantes
sont le charme de sa
grande soeur : le monobras,
la jante qui y est fixée,
les 2 échappements relevés
latéraux, la petite bande
de couleur qui traverse la moto
dans le sens de la longueur, le
saute-vent... Ce sont les attributs
de son
aînée. La récompense
: elle est magnifique. N'oublions
pas le guidon Magura et les repose-pieds
de la S4R plus le système APTC équipant
la 620.
Grâce à lui, l'embrayage
est nettement plus amical.
Que manque t'il à la S2R
pour réussir ? Rien. Elle
a le nom, le charme, l'esprit et
le caractère. Alors, gros succès en vue ?
Mhhhggnnniiieuuu...
Ca, c'était l'effort pour
embrayer sur les anciennes Ducat'.
Les italiennes demandaient de la
poigne. Mais avec la nouvelle version
du système APTC qui adoucit
la commande d'embrayage, plus besoin
d'avoir 50 kg de pression dans la
main gauche. Tant mieux car il sera
nécessaire de jongler avec
la boite lors des balades en ville.
La transmission finale tire trop
long et on se retrouve souvent "entre
2 eaux" question rapport de
boite. N'empêche, la sélection
passe bien et l'on est bien prêt
à ça pour faire mirer
les yeux des passants. La mélodie
du twin desmo, très proche
de celle du S4R,
s'est déjà occupé
de retourner la tête des futurs
admirateurs. Mais n'allez pas croire
que la Monster est devenu une gentille
bébête facile à
apprivoiser. Il faut accepter ses
côtés im-pratiques,
et le croiriez-vous, la clientèle
aime ça. Garce ou rebelle,
c'est au choix. Avec une selle qui
est monté d'une hauteur de
deux doigts, un rayon de braquage
toujours ingrat et un appui certain
sur les avant-bras, la S2R commence
par montrer les dents avant de se
livrer au pilote.
Destination la route, la vraie,
celle qui tourne. Les premières
minutes à enrouler sur le
couple, très honorable dans
les régimes usuels, permettent
à la machine et au pilote
de s'apprécier. La confiance
s'installe. Alors, tout naturellement,
on a envie de savoir ce que ça
donne en haussant le rythme. Le
twin accepte d'être emmené
vers 9 000 tr/mn mais n'y prend
pas vraiment de plaisir. Pas la
peine de le cravacher comme un bouilleur
de supersport, il préfère
et vous offre le plaisir dans les
mi-régimes. Ne vous inquiétez
pas pour l'arsouille. On peut rentrer
fort dans les virages et y tenir
les freins, puis jeter la moto sur
l'angle. La S2R peut d'ailleurs
encore plus en prendre que la 800.
Plastique plus aguichante, moteur
enthousiasmant, freinage et embrayage
de qualité, fraîcheur
de vivre à l'italienne, la
nouvelle Monster S2R ne déçoit
pas. Elle soigne sa ligne et laisse
les gros watts aux autres. A vous
de voir ce qui vous interpelle le
plus.
Notez
qu'il existe une version 'Dark'
500 € moins cher.
M.B
(Texte de l'essai inspiré par l'article de T. Baujard
Moto-journal n°
1 641 -
photos constructeur)
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