Voila
bien longtemps que Bimota n'avait
fait parler de lui. Le petit constructeur
italien nous fait la joie d'annoncer
pour le salon de Münich une
toute nouvelle machine : la DB5.
Une moto surprenante, bestiale,
presque une brute qui viendrait
pousser ses concurrentes par de
grands coups d'épaules. Le
design est osé, choquant,
pour exercer finalement une certaine
fascination indescriptible. Décidément,
les italiens savent vraiment y faire.
Sans être mauvaise langue,
on peut éventuellement distinguer
une touche de GSX-R
1000 dans le dessin du bloc
optique ainsi qu'un brin de Benelli
Tornado pour la fixation des
rétroviseurs. Qu'importe,
la machine est impressionnante.
Comme souvent, le constructeur fait
appel à un moteur Ducati
pour propulser cette sportive singulière.
Il s'agit du twin 1000 DS qui habite
depuis peu les Multistrada, Monster
1000 et SS.
Un bicylindre à la fois moderne
et authentique, peut être
un peu juste en puissance pure mais
plein de charme et de saveur. Et
dans le châssis d'une Bimota,
il ne peut que s'exprimer au mieux.
Les pots qui évacuent son
souffle rauque sont 2 silencieux
en carbone qui participent beaucoup
à l'identité visuelle
de l'arrière train.
Le cadre de l'italienne est un treillis
tubulaire (tout comme le bras oscillant,
superbe) raccordé à
des platines renforcées en
aluminium, le tout associé
à des éléments
de suspension Öhlins. La fourche
est un modèle inversée,
équipée comme il se
doit par des étriers de frein
à fixation radiale.
On attend avec impatience les prétentions
de ce pur-sang. Annoncée
comme très légère,
la DB5 devrait offrir un plaisir
de pilotage intense et méritoire,
dans la plus pure tradition
Bimota.
Essai :
Une
Bimota, c'est avant tout une oeuvre
sur 2 roues. Ensuite, il y a la
moto, sa beauté, ses valeurs,
et les prétentions qu'elle
nourrit. La DB5 n'est pas une machine
concurrente des dernières
superbike homologuées pour
la route ; elle n'est qu'une sportive
qui cherche à vous faire
plaisir jusqu'à l'abus. Pas
de chrono à chasser, juste
des trajectoires, des courbes, des
angles à négocier
avec un superbe engin que l'on expose
aussi bien dans une vitrine que
dans un paddock.
Ainsi, contrairement à une
machine de Superproduction, la DB5
n'impose pas à son pilote
une position de conduite radicale.
C'est mieux pour être à
l'aise, surtout qu'on a vite fait
de serrer les fesses quand on les
pose sur un engin qui vaut plus
de 25 fois le smic. Sur la fiche
technique, la moto n'est pas bien
lourde, et cela se sent nettement
dans les réactions et la
maniabilité de la machine.
De par cette légèreté,
le twin s'exprime au mieux. Dès
les mi-régimes, il pousse
, produit l'effort et étale
ses chevaux jusqu'à la zone
des 8 000 tr/mn. Mais pas la peine
d'aller au-delà des 9 000
trs : le bicylindre ne veut pas.
De plus, on profite bien mieux de
ce moteur en enroulant sur le couple
et en soignant son pilotage. D'abord, freiner le plus tard possible.
Les Brembo s'y connaissent en la
matière et vous écrasent
les bras par leur puissance. Ensuite,
il faut savoir composer avec avec
le desmo italien. Adopter des trajectoires
plus lissés pour éviter
de sortir de la piste, jouer du
sélecteur pour rester en
orbite des 8 000 trs... EN bref,
pas question de cravacher comme
un dératé avec une
machine nipponne ; du doigté
et de l'allure, s'il vous plait.
Si vous ne le savez pas, elle va
vous apprendre à peaufiner
votre style. Eh oui, vous n'êtes
pas sur une RRR Replica overboost...
vous avez là une italienne,
avec son caractère, sa façon
de penser, d'agir, et ses charmes
si singuliers.
M.B
(Texte de l'essai inspiré par l'article
de T. Baujard - Moto-journal n°1 671
photos constructeur) |